Archives expositions personnelles France

Archives expositions personnelles (A)

  Gilles Aillaud, Tableaux 1966-1976 / Vols d’oiseaux 1990-2001
  Galerie Loevenbruck, Paris
  Le Studiolo Galerie de France
  21.10 - 26.11.2016
 

Communiqué de presse


Les deux expositions présentées à Paris - la dernière rétrospective remonte à 2009, au musée de la Chasse et de la Nature - montrent, en deux décennies distinctes, combien l’œuvre de Gilles Aillaud est engagé dans une voie unique, subtile et complexe, très loin de la société du spectacle.





































































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Gilles Aillaud  

Important







Marika Prévosto   


À

sandie hatem

 

  


 jul 1 à 2h10 PM  







Gilles Aillaud, Le silence sans heurt du présent





En coproduction avec les Musées des beaux-arts de Rennes et de Saint-Rémy de Provence, cette rétrospective parrainée par la Fondation d’Entreprise Michelin est la première grande exposition consacrée à l’artiste depuis 10 ans. Une cinquantaine de tableaux provenant de grandes collections publiques et privées seront exposés au FRAC Auvergne.



























































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Expositions du 21 octobre au 26 novembre 2016.
Galerie Loevenbruck, 6 rue Jacques Caillot - 75006 Paris. Tél.: +33 (0)1 53 10 85 68. Ouverture du mardi au samedi de 11h à 19h et sur rendez-vous.

Studiolo Galerie de France, 54 rue de la Verrerie - 75004 Paris. Tél.: +33 (0)1 42 74 38 00.


















À la galerie Loevenbruck

Six tableaux majeurs de 1966 à 1976, souvent de très grand format, constituent une véritable salle de musée. Certains n’ont pas été vus en public depuis 25 ans. Les décors entièrement fabriqués en béton du crocodile dans Deux eaux_, de l’_Intérieur et hippopotame dégagent une lumière froide, blanche, qui contraste avec la lumière électrique de Mangouste, nuit rouge_, à travers une vitre, ou avec la lumière dorée, chaude d’_Intérieur jaune et vasistas. Les animaux peints à hauteur d’homme ne regardent rien de précis, leurs regards passent à travers nous, ne fixent rien. Gilles Aillaud a un œil pictural absolu, décisif, comme l’« instant décisif » décrit par Cartier-Bresson. Dès son plus jeune âge, avec sa sœur, il fréquentait le Jardin des Plantes comme d’autres vont aux musées. Ses multiples voyages en Grèce, en Égypte, au Kenya ont développé une intimité, une relation privée avec les animaux qui le protège de tout effet de séduction, de rendu naturaliste. Il peint ses animaux enfermés avec délicatesse, avec « tact », mot qu’il emploie pour la peinture de Vermeer.

Au Studiolo de la Galerie de France

La galerie historique de l’artiste depuis le début des années 1980, les vols d’oiseaux des années 1990-2001 (peintures, longs papiers déroulés, collages) ont quitté les cadrages serrés, précis, des portraits d’animaux dans le minéral pour les espaces illimités hors d’atteinte des zones bleu outremer, entre plages et ciels. Les oiseaux volent très haut au-dessus de l’horizon, mais parfois un vol transversal frôle l’eau. En levant la tête, l’œil suit ces traces nomades, distingue des signes qui font des ombres, une aile charnue de mouette…

Une sélection de ces œuvres a été montrée dans l’exposition « Deadline », au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, en 2009, qui soulignait, chez certains artistes, une liberté enfin conquise dans l’œuvre ultime.


Gilles Aillaud (1928-2005) est peintre, poète (Dans le bleu foncé du matin, édité chez Christian Bourgois), critique (revue Rebelote), préfacier (Hélion, Titina Maselli), scénographe de théâtre (52 spectacles avec les metteurs en scène Jean Jourdheuil, Klaus Michael Grüber, Luc Bondy). Il a méthodiquement consigné dans des cahiers d’écolier la liste de tous les tableaux qu’il a peints. Il y en a moins de 350. Pourtant, il dit avoir peint un tableau par jour dans les années 1950, dans des périodes d’isolement total, entre sa première exposition, en 1950 à Rome, et celle de 1963, à la galerie Claude Levin. Il s’est alors détaché de la philosophie étudiée avec Merleau-Ponty pour se consacrer à la peinture, qu’il pratiquera toujours en solitaire, dans l’atelier.

Voir sans être vu, le beau titre du texte de Gilles Aillaud sur Vermeer, pourrait définir toute sa peinture. Gilles Aillaud regarde les tableaux du maître de Delft comme il peint les siens propres. Il peint à l’huile des portraits d’animaux, visibles ou cachés dans les zoos, des paysages, des plages, des montagnes, des ciels avec vols d’oiseaux. Il ne s’approprie jamais les sujets — « je peins les choses comme elles le veulent » —, il les rend, les redonne sans nostalgie, dans toute leur étrangeté picturale. La fortune critique a aimé le réduire à un peintre de la question animale, attaché au mouvement de la Figuration narrative, militant de la Jeune Peinture en 1968, exégète érudit, assassin métaphorique de Duchamp en 1965… Beaucoup de jeunes peintres et d’amateurs ne s’y sont, eux, pas trompés.








© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2016. Tous droits réservés

Gilles Aillaud, Tableaux 1966-1976 / Vols d’oiseaux 1990-2001 Gilles Aillaud, Deux eaux, 1969 Huile sur toile — 195 × 130 cm Courtesy galerie Loevenbruck, Paris — Photo Fabrice Gousset

Gilles Aillaud, Deux eaux, 1969 Huile sur toile — 195 × 130 cm Courtesy galerie Loevenbruck, Paris — Photo Fabrice Gousset